À l’extérieur du Bender, un restaurant de luxe de plusieurs étages, un homme était stationné en face de l’entrée. Il fut rejoint quelques instants plus tard un autre homme qui regarda nerveusement des deux côtés de la route en face du bâtiment comme s’il attendait quelque chose avant de se retourner et prendre la direction de l’intérieur.
– Monsieur, êtes-vous certain que cette personne est véritablement en route ? Ne s’agit-il pas plutôt d’une farce de la part de cette femme ?
– Je n’ai pas envie d’y penser. Reste juste aux aguets, répondit-il.
L’homme ne voulait vraisemblablement pas penser à cette éventualité. Et pour cause, après avoir reçu l’appel téléphonique de Tess, il avait pris de nombreuses dispositions afin d’accueillir cet invité de marque, Herman Invictus, annulant les réservations d’autres personnes. Donc, si cela s’avérait être une farce de la part de cette femme, cela serait non seulement une perte de temps de sa part, mais la réputation de son établissement serait également entachée.
Et alors qu’il venait tout juste de rentrer dans son établissement, il fut soudainement appelé par l’homme se tenant à l’extérieur. Vu sa réaction, il comprit que quelque chose se produisait à l’extérieur. Son intuition était la bonne, un cortège de véhicules tous plus luxueux les uns par rapport aux autres s’approchant de l’entrée du Bender. Et de la première voiture descendit quelques instants plus tard un homme, un homme très élégant qui transpirait la richesse, un homme que le manager n’avait vu qu’en photo, un homme qui occupait un rang parmi les personnalités les plus puissantes du pays, Herman Invictus.
– Bonsoir et bienvenue au Bender. Que puis-je faire pour vous être utile ? rétorqua le portier.
– Bonsoir…
– Monsieur Invictus ! C’est un réel plaisir de vous recevoir parmi nous au Bender, s’exclama le manager en interrompant Herman. Je vais prendre soin d’eux, dit-il ensuite à son subordonné. Votre employée nous a fait part de votre visite une heure auparavant. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire à votre table.
– Un instant. Mes collègues ne sont pas encore tous présents.
– Bien évidemment, monsieur.
À ce moment, le manager observa toutes les autres voitures de luxe se garer les unes à la suite des autres devant l’entrée du Bender, dévoilant des personnages qui transpiraient tout autant la richesse et le pouvoir que l’homme qui se tenait à ses côtés. Il avait l’habitude de recevoir des clients de marque, mais jamais leur établissement n’avait reçu des personnes aussi distinguées. Elles étaient tout simplement d’un tout autre niveau. Il fut alors très reconnaissant que l’appel téléphonique qu’ils avaient reçu une heure auparavant ne se soit pas avéré être une farce.
– C’est bon. Nous pouvons désormais y aller, dit Herman lorsque les autres membres du conseil d’administration furent à ses côtés.
Le manager remarqua immédiatement qu’une personne manquait à l’appel, la réservation ayant été faite pour huit personnes. Néanmoins, il garda le silence, se disant que la 8e avait dû se désister, avant d’inviter le reste du groupe à le suivre. Herman Invictus et les membres du conseil d’administration le suivirent donc à l’intérieur du Bender.
*
À l’intérieur de l’établissement gastronomique, tout le monde avait les yeux rivés sur le groupe quelque peu anodin qui traversait le hall. Et pour cause, Herman et ses compagnons étaient tous accompagnés d’une armée de gardes du corps qui s’assurait que rien ni personne ne vienne les déranger.
– Le regard des gens sur nous est toujours aussi ennuyeux, rétorqua Alice.
– Avec tout le monde qu’il y a avec nous, c’est tout à fait normal.
– Ce n’est pas la raison profonde de leur regard, Richard. Chaque personne autour de nous n’a pas les yeux rivés sur nous parce que nous sommes accompagnés par nos gardes du corps, mais tout simplement parce qu’ils envient et désirent notre statut. Chacun d’entre eux aspire à quelque chose de mieux, à vie meilleure au sommet de la société. Ils regardent tous vers le haut de l’échelle, nous admirant et nous jalousant, souhaitant être nous, mais étant incapable de l’être. Ce n’est donc pas nous qu’ils regardent, mais ce que nous représentons, ce qu’ils ne pourront jamais atteindre.
– C’est très poétique.
– Poétique, je n’en sais rien. Véridique, certainement. Il s’agit juste là d’un comportement fondamental des hommes. Ces gens n’y peuvent donc rien, c’est dans leur nature.
En les écoutant parler, le manager ne put s’empêcher de les trouver méprisables. Ils rabaissaient tout le monde en les mettant tous dans la même catégorie. Néanmoins, il ne put nier le fait qu’il faisait également partie des gens qui les jalousaient. Lui aussi aurait voulu avoir la même richesse et la même célébrité qu’eux, lui aussi aurait voulu que la foule le regarde comme elle regardait présentement ces individus, mais comme Herman Invictus l’avait si bien dit, cela lui était hors de portée en plus de n’être qu’un simple manager dans un restaurant de luxe.
Le groupe arriva finalement dans une salle que le restaurant avait spécialement préparée pour Herman et ses compagnons. Devant eux, une énorme table et huit employés élégamment vêtus prêts à satisfaire leur moindre désir gastronomique.
– Si vous voulez bien prendre place, rétorqua le manager. Mes collègues ici présents se feront un plaisir de prendre vos commandes.
*
Au même moment où Herman et les membres du conseil d’administration arrivaient au Bender, Michael sortait d’un restaurant mexicain situé à une dizaine de minutes de son domicile. Il tenait alors dans une de ses mains un sac contenant leur dîner et était tenté de s’asseoir quelque part pour l’entamer, il avait tellement faim. Néanmoins, le jeune homme se retint, ne voulant pas avoir des problèmes avec sa bien-aimée. En parlant d’elle, il se saisit de son téléphone portable afin de l’informer.
« J’viens de récupérer notre dîner au resto mexicain. Je prends maintenant la direction de la maison. T’as bientôt fini ? »
« OK ! Et non, pas encore. Il me reste quelques rapports à écrire ensuite c’est bon. »
« On se voit tout à l’heure à la maison. Bisous, je t’aime, » envoya-t-il avec un emoji coeur.
« À tout à l’heure. Je t’aime aussi. Bisous. »
Et alors qu’il venait tout juste de ranger son téléphone portable dans sa poche, celui-ci se mit soudainement à sonner. Orzak attrapa son appareil pensant qu’il s’agissait d’un appel de Natacha, mais fut agréablement surpris de voir que la personne qui essayait de le contacter n’était nulle autre que son meilleur ami Stanley Hopkins.
– Regardez qui pointe le bout de son nez. On n’avait plus entendu parler de toi depuis vendredi dernier, rétorqua Michael après avoir décroché.
– Oh ! Mec, beaucoup de choses se sont passées. Entre la fatigue et le boulot, je ne sais même pas par où commencer.
– On dirait que ta dernière aventure a été très mouvementée.
– Et pas qu’un peu. La meuf avec qui je suis sortie le week-end dernier était une vraie bête. Elle m’a fait de ces trucs-là, t’as même pas idée. Mike, elle a failli me tuer. Un monstre, je te dis. J’avais jamais vécu un truc pareil.
En écoutant cela, Michael ne put s’empêcher de rigoler.
– Et te connaissant, je sais que t’as aimé ça, dit-il après.
– C’est ça le pire ! C’était tellement le pied qu’on a décidé de se voir ce soir pour un deuxième round.
– Fais attention à toi, Stan. Elle risque de te mettre le grappin dessus.
– Ça n’arrivera jamais. Ça, c’est pour les gens comme toi.
– Merci beaucoup, rétorqua Michael sur un ton sarcastique.
– Toi et moi savons que c’est vrai. Natacha t’a mis le grappin dessus et elle ne compte plus te lâcher. Les gens comme moi par contre sont libres comme l’air, libres de baiser qui on veut quand on veut sans la charge émotionnelle qui va avec. On veut juste enfoncer de bonnes chattes et de bons culs, et faire beaucoup de fric au passage. Bon, on dit quoi de ton côté ? Ça fait cinq jours qu’on n’a pas discuté. Ta fameuse séance photo s’est bien passée ?
– Beaucoup de choses se sont également déroulées de mon côté…
Et alors qu’il se dirigeait vers l’arrêt de bus le plus proche, Michael raconta à Stanley les évènements de la semaine en commençant par la demande de promotion de Natacha. Il mit particulièrement l’accent sur l’état dans lequel elle s’était trouvée lors de son retour du travail, le jour où elle avait appris qu’elle aurait à passer une série de tests avant de l’obtenir.
– Je sais pas, mec. Ça m’a vraiment fait bizarre de voir Tacha dans cet état, poursuivit-il.
– Je te comprends parfaitement, Mike. Si j’avais une fiancée…si j’avais hypothétiquement une fiancée comme toi, cela m’aurait certainement fait bizarre de la voir pleurer. En plus, il s’agit ici de Natacha. Toi et moi savons très bien qu’elle ne pleure pas facilement. Donc, si elle en est arrivée là, c’est que ça l’a vraiment marqué.
– T’as raison. Mais parfois, j’ai l’impression qu’elle me cache quelque chose…
– Toutes les femmes cachent quelque chose. Crois-moi sur parole, elles sont toutes ainsi, rétorqua Stanley en coupant la parole de Michael.
– Je ne sais pas à quoi tu fais allusion, mais ce n’est pas ce à quoi je pense. Non, ce que j’entends par là est que je ne pense pas que le comportement actuel de Natacha soit dû uniquement à son boulot. Stan, elle a eu des réactions bizarres quand je l’ai touchée sous la douche. J’ai l’impression que…
Stanley l’interrompit une nouvelle fois en lui disant d’arrêter et en lui rappelant ensuite qu’ils se connaissaient tous depuis leurs premières années universitaires. Et depuis tout ce temps, il avait vu et vécu beaucoup de choses avec eux, mais ce qu’il n’avait jamais vu était sa fiancée regarder un autre homme.
– Elle n’est pas comme les autres, Mike. Crois-moi sur parole, tu as trouvé la perle rare. Natacha t’aime et elle ne ferait jamais ce que tu penses. Si ça avait été le cas, elle ne serait pas restée avec toi après autant d’années.
Michael resta silencieux pendant quelques instants. Et pour cause, il se rendit compte que son meilleur ami avait raison. Natacha, sa fiancée, n’était pas du genre à faire ce genre de choses. Comme Stan l’avait si bien dit, il avait trouvé la perle rare, une femme qui l’aimait pleinement, qui lui faisait confiance, et en qui il avait confiance.
– Tu sais quoi, Stan ? Tu as complètement raison. Je me fais sans doute des idées pour rien, dit-il par la suite.
– Je te l’avais dit. Sinon, tu ne m’as toujours pas dit comment s’était déroulée ta soi-disant séance photo.
– Ça s’est bien passé. C’était même très plaisant à vrai dire. Mademoiselle Degrâce savait vraiment ce qu’elle faisait.
– Je vois. Mais j’ai une question. Est-ce que ta mademoiselle Degrâce est bonne ?
– Tu ne changeras jamais.
– Quoi ?! Je veux juste savoir si c’est mon type de femmes.
– Tu n’as qu’à la rechercher sur internet. Elène Degrâce, c’est son nom complet. Mais je te le dis déjà, abandonne déjà tout espoir de sortir avec elle. C’est pas quelqu’un de ton niveau.
– On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. Voyons voir à quoi elle ressemble.
Stanley fit exactement ce que Michael lui avait dit et partit chercher des photos d’Elène Degrâce sur internet. Il fut alors très surpris de voir à quoi elle ressemblait et lui demanda immédiatement de les présenter.
– T’es fou !
– Allez, mec. Fais ça pour ton meilleur ami.
– Il en est hors de question.
– Mike !…
– Il y a mon bus qui arrive. On reparle plus tard, rétorqua-t-il en coupant la parole à Stanley.
– Mi…
Orzak mit soudainement fin à leur appel, ne voulant plus entendre les bêtises de son meilleur ami. En plus, comme il l’avait si bien dit, son bus s’approchait. Il attrapa donc ses affaires et se leva de son siège, s’apprêtant à monter dans le véhicule.
*
Herman et les membres du conseil d’administration venaient tout juste de finir de commander leur repas. Et alors qu’ils se retrouvaient désormais tous seuls dans la pièce, Alice Nicolay lui demanda ce qui se passait entre sa secrétaire et lui ?
– À laquelle des deux fais-tu allusion exactement ? rétorqua-t-il calmement.
– La blonde à forte poitrine. La façon dont elle te regarde, elle est clairement attirée par toi.
– J’en ai parfaitement conscience.
– Alors, qu’est-ce que tu attends pour t’en occuper ? Ce n’est pas comme si cela t’était impossible.
– Tu as en effet raison. Je peux m’occuper d’elle à tout moment, mais je dispose déjà d’un jouet beaucoup plus divertissant en ce moment. Et maintenant que j’y pense, vos couverts sont-ils prêts pour la séance de samedi ?
La plupart des compagnons d’Herman répondirent qu’ils étaient tous prêts et Alice lui demanda ensuite comment les choses se déroulaient de leur côté.
– Enrick et moi sommes actuellement en train de revoir la liste des nouveaux adhérents tandis que Michel s’occupe des dernières finitions au manoir.
– Cette séance s’annonce exceptionnelle.
– Tu n’en as pas la moindre idée, Jennifer.
Cette séance du samedi s’annonçait effectivement exceptionnelle comme elle venait de le dire. Mais pour Herman, ce n’était pas parce qu’il en était l’un des organisateurs, mais plutôt parce qu’il était impatient de voir sa secrétaire, Natacha Barnes, y participer. Il voulait observer l’expression qu’elle aurait sur son visage au moment où elle découvrirait une des facettes de l’argent et du pouvoir.
Quelques instants plus tard, le manager du Bender revint dans la pièce accompagné de sept autres de ses employés. Ces derniers tenaient tous dans la main des plateaux sur lesquels se trouvaient de nombreuses bouteilles de vin et une bouteille de champagne, et tout ce qui allait avec.
– En attendant que vos commandes soient prêtes, voici un assorti de nos meilleurs crus, dit-il.
– Herman, le restaurant que tu as choisi a vraiment un service de qualité, rétorqua Alex, un des frères Wingston.
– C’est la toute première fois que je viens ici. J’étais également curieux de découvrir ce que ce restaurant avait à offrir.
– Nous vous remercions d’avoir choisi d’être parmi nous aujourd’hui, monsieur Invictus. Ici au Bender, nous nous assurons de servir à tous nos clients des produits et un service d’une qualité irréprochable.
– Je suis ravi de l’entendre.
Les subordonnés du manager, qui avait déposé des verres devant Herman et ses compagnons, versèrent délicatement le breuvage rouge dans les coupes. L’homme d’affaires prit ensuite une gorgée avant de les complimenter sur la qualité du vin, leur disant que c’était l’un des meilleurs qu’il n’avait jamais bu. Les autres membres ajoutèrent des commentaires plus ou moins similaires, Henry étant le seul le faisant à propos du champagne qu’on lui avait servi.
– Je suis ravi que cela vous plaise. Si vous voulez m’excuser.
Le manager quitta à nouveau la pièce, laissant derrière lui ses employés et ses importants clients. Pendant ce temps, Jennifer ne put s’empêcher de dire qu’elle le trouvait assez compétent.
– En plus, le service est impeccable. Rien à redire pour l’instant, ajouta-t-elle ensuite.
– Au vu de l’endroit, une bonne gestion et un service de qualité sont des prérequis. Vous ne trouverez pas cela dans un vulgaire fast-food.
16h54
Alors qu’elles étaient à quelques minutes de la fin de leur journée de travail, Tess avait les yeux rivés sur Natacha qui semblait être occupée à finir la rédaction de son dernier rapport. La jeune femme éprouvait une certaine animosité pour la fiancée de Michael. Et pour cause, celle-ci avait bénéficié d’une rare opportunité, celle de se retrouver dans les bras d’Herman Invictus devant une assemblée telle que celle devant laquelle elle s’était retrouvée. Harlock estimait que cette chance aurait dû être la sienne et non pas celle de Natacha.
– Je te hais, sale pute, pensa-t-elle à ce moment.
Tess était vraisemblablement en colère. Mais ce qui l’énervait encore plus était le fait qu’elle donnait l’impression de ne pas avoir aimé ça. Harlock était alors persuadée qu’elle jouait un rôle, celui de la secrétaire qui n’était pas intéressée alors qu’elle rêvait secrètement de se mettre avec son patron. Qui ne souhaitait pas être la compagne d’un milliardaire comme Herman Invictus ?
– Tu ne l’auras pas. Herman est moi et rien qu’à moi.
Du côté de Natacha, l’heure n’était ni à la colère ni à une réflexion du pourquoi du comment. Elle était épuisée mentalement et souhaitait une seule chose : rentrer chez elle et prendre son homme, Michael Orzak dans ses bras. Elle le méritait amplement après la journée de travail qu’elle venait d’avoir, une journée de travail qui aurait pu être tout à fait comme les autres si ça n’avait pas été pour cette sombre vérité dont elle avait désormais conscience et le petit incident qui s’était déroulé dans la salle de conférence. En plus, elle commençait à avoir faim et son fiancé avait acheté de la nourriture mexicaine, ce qui lui donnait une raison de plus de rentrer au plus vite chez elle.
Barnes observait donc l’horloge sur son écran d’ordinateur tout en tapotant sur les touches de son clavier sans vraiment écrire quelque chose d’important. À vrai dire, il s’agissait plus de faire semblant de travailler que de réellement le faire. Elle avait fini d’écrire son dernier rapport des minutes auparavant et attendait juste que l’horloge indique 17 heures pile pour ranger ses affaires et quitter ce lieu. Cependant, elle avait l’impression que le temps s’écoulait à une fréquence beaucoup plus lente que d’habitude. Jamais six minutes lui n’avait paru aussi long, c’était une éternité. Elle finit par laisser échapper un soupir suivi d’un « merde ! ».
– Est-ce que tout va bien, Natacha ? demanda soudainement Tess.
Bien évidemment, la jeune femme ne posait pas cette question parce qu’elle s’inquiétait pour sa collègue de travail, mais plutôt parce qu’elle était curieuse de savoir dans quel merdier cette dernière venait de se mettre. Natacha n’avait pas l’habitude de s’exprimer de la sorte. Donc, en le faisait, cela voulait dire qu’elle venait de faire quelque chose de potentiellement grave, du moins c’était ce que Tess pensa à ce moment.
– Tout va bien. C’est juste que le temps n’avance pas assez vite à mon goût, répondit la fiancée de Michael Orzak.
Tess se rendit à ce moment compte que l’heure marquant la fin de la journée de travail était sur le point d’arriver. Elle avait été tellement focalisée sur son animosité envers sa collègue de travail que cela lui avait non seulement échappé, mais qu’elle avait également pris du retard sur l’écriture de son rapport. Cela voulait donc dire qu’elle allait devoir faire au trop une heure supplémentaire afin de pouvoir le compléter. Harlock se dit néanmoins qu’elle ne serait pas la seule à le faire. Natacha devait également avoir merdé sur quelque chose, sinon pourquoi s’était-elle exprimée de la sorte quelques instants auparavant.
– Il est vrai que cinq minutes peuvent paraître très longues quand on se focalise dessus.
– C’est ce que constate en ce moment, mais j’ai tellement envie de rentrer à la maison.
– Tu n’es pas la seule, Natacha. Malheureusement, nous devons d’abord finir ce que nous avons à faire.
– J’ai déjà fini.
– Quoi ?
– J’ai fini tout ce que j’avais à faire. En ce moment, j’attends juste que 17 heures arrivent. Voilà pourquoi le temps me paraît si long.
En entendant cela, Tess ne put s’empêcher d’être encore plus énervée contre Natacha. Cela s’accentua davantage lorsque cette dernière lâcha un « enfin » avant de commencer à ranger ses affaires au moment où l’horloge indiqua 17 heures pile.
– Passe une excellente soirée, Tess, rétorqua-t-elle en se levant de son siège, sac à la main.
– Merci beaucoup. Toi aussi, Natacha.
– Merci.
Harlock la détestait, elle la détestait au plus haut point. Et s’il avait été possible de tuer quelqu’un du regard, Barnes aurait été allongée sur le sol sans vie. Malheureusement, tout ce que Tess était en mesure de faire était de la regarder s’éloigner progressivement, le coeur lourd de colère.
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